Habituée du Festival de Cannes, Naomi Kawase est l’invitée spéciale du festival des Films de Cannes à Bucarest qui se déroulera du 23 octobre au 1er novembre. Elle animera une masterclass en direct via Zoom, projetée sur grand écran, durant laquelle elle parlera de son processus créatif et de la manière dont elle voit le monde cinématographique.

 « Le cinéma est un moyen d’arrêter d’oublier, un début de changement, une joie.» – Naomi Kawase

Le sentiment de perte, ainsi que la peur de la mort sont des thèmes récurrents dans les œuvres de l’auteure japonaise. Sa première incursion dans le cinéma est constituée d’images filmées directement par la femme qui l’a élevée. L’image ralentit, se concentrant sur les objets quotidiens, la caméra s’incline en hauteur, s’élevant jusqu’aux rayons dansants d’une lumière surexposée. Ces choix stylistiques projetaient déjà l’ambition de la jeune cinéaste ; une recherche articulée entre l’éternité, l’amour et l’espoir. Naomi Kawase a grandi sans connaître ses parents et était consciente que sa mère adoptive, qu’elle aimait énormément, était proche de la mort. 30 ans plus tard, Naomi Kawase est toujours fascinée par la façon dont le film rapproche le passé et le futur, documentant des instants qui, autrement, seraient perdus à jamais.

«J’ai acquis beaucoup de connaissances grâce à l’expérience. Mais, en tant que créateur, il est dangereux de commencer à penser que l’on a toujours raison. Il faut constamment créer quelque chose de nouveau. Il faut toujours avoir faim », a déclaré Naomi Kawase dans une interview pour l’Associated Press. «Vous devez toujours être capable de capturer ce qui est juste sous votre nez, des choses qui pourraient être plus fantastiques que ce que vous avez déjà.»

En tant qu’auteure, Naomi Kawase s’est fait connaître à Cannes en 1997,en devenant la plus jeune réalisatrice à recevoir la Caméra d’Or pour son premier long métrage Suzaku. En 2007, elle remporte le Grand Prix de The Mourning Forest et revient en 2011 avec Hanezu, en Sélection Officielle, puis Still the Water en 2014. En 2015, elle participe à Un Certain Regard avec Sweet Bean et, en 2016, elle est nommée Président du jury de la Cinéfondation, après avoir été membre du jury officiel du festival en 2013.

L’une des caractéristiques les plus intéressantes concernant le style de Naomi Kawase, est qu’elle est l’une des rares réalisatrices à tourner ses films de manière chronologique, selon le scénario. «Les choses changent tout le temps», a déclaré Kawase, «Je fais des plans pour le lendemain, mais il arrive que je me réveille avec d’autres idées.» La mouvance, dans son approche cinématographique, est une évidence. Dans ses films, le temps semble passer lascivement avec incertitude ; créant une réalité à couper le souffle, presque effrayante.

Les Films de Cannes à Bucarest vous invite à plonger dans cet univers fascinant et à découvrir l’une des plus intrigantes et anticonformistes auteures modernes, à travers un portrait peint par trois de ses œuvres.

Le film Still the Water se déroule sur l’île japonaise d’Anami, où les traditions liées à la nature sont éternelles. Dans ce film, «Kawase livre une méditation saisissante sur des thèmes profondément personnels», selon Screen Daily. Le Guardian a déclaré que «Still The Water a un idéalisme et une tranquillité». La touche de sérénité de Kawase ainsi que sa générosité d’esprit restent les principales qualités qui dominent ses œuvres.

Dans le film Sweet Bean, il s’agit d’une entreprise de boulangerie qui prend de l’ampleur en embauchant une femme excentrique de 76 ans, spécialisée dans la confection de crêpes dorayaki. Sweet Bean est un film vibrant d’humanité qui se concentre sur des personnages qui ne sont généralement pas présentés à l’écran. « Il est possible d’être à la fois lucide et sentimental… et dans ce film d’une beauté dévastatrice, Kawase y parvient », s’exclame One Room with a View.

Enfin, True Mothers, le dernier film de la réalisatrice, sera projeté en première à la 11e édition des Films de Cannes à Bucarest, après sa première mondiale au Festival international du film de Toronto ainsi que sa projection dans la sélection à Saint-Sébastien. Le public de Bucarest sera parmi les premiers au monde à voir le film – adapté du roman du même nom publié en 2015 et écrit par Mizuki Tsujimura – . La texture stylistique de cette oeuvre est riche, ce qui est typique de la vision unique de la réalisatrice ; elle associe la sensualité du processus cinématographique au monde palpable, le mêlant à la dynamique du récit.

True Mothers s’articule autour de deux personnages principaux puissants « qui font un cas si convaincant qu’ils valent la peine d’être connus » (Screen Daily): Satoko, la mère adoptive et Hikari, la jeune mère biologique désespérée qui ne veut pas disparaître de la vie de son fils.

Dans son film Naomi Kawase, avec son propre fils adoptif, offre une nouvelle perspective de la notion d’adoption d’enfant en tissant différents fils et styles narratifs, allant du drame moral à la romance adolescente – de l’exposition sociale au thriller – dans une expérience cinématographique émotionnelle, parfois troublante

Pour accompagner ce triptyque, la réalisatrice dialoguera avec le public du festival via une séance de questions-réponses à la suite de la projection de True Mothers ; elle a reçu carte blanche pour choisir un titre japonais à inclure dans la section Focus Japan aux Films de Cannes à Bucarest, qu’elle nous présentera personnellement à cette occasion. Naomi Kawase est également la directrice exécutive du Festival international du film de Nara au Japon, elle organisera une masterclass, et parlera au public de ses films ainsi que de son processus artistique; une introduction au contexte socioculturel qu’elle crée dans son travail.

Le programme du festival, les présentations détaillées des films et les informations sur la billetterie seront bientôt disponibles sur le site Web du festival, à l’adresse www.filmedefestival.ro


Les Films de Cannes à Bucarest est présenté par Orange Roumanie, partenaire traditionnel de l’événement.
Avec le soutien de: Catena, Apa Nova, Groupama Insurance
Inspiré par: UniCredit Bank.
La 11e édition des Films de Cannes à Bucarest est organisée par l’Association Cinemascop et Voodoo Films en partenariat avec l’Ambassade de France et l’Institut Français de Roumanie
Projet cofinancé par: Administration du Fonds culturel national Projet culturel financé par: le Centre national roumain de la cinématographie