• Cinq films à l’origine de polémiques sur la Croisette en sélection officielle

Il n’existe pas d’édition à Cannes sans que ne soient montrés des films controversés, excessifs et provoquants. A son tour, Les Films de Cannes à Bucarest rassemble un florilège touchant à la sélection la plus discutée et controversée de l’édition cannoise 2019. Le nouveau prodige du cinéma français Ladj Ly sera présent à Bucarest pour s’exprimer sur le départ d’une révolution cinématographique puisée dans les banlieues.

Les Misérables, réalisé par Ladj Ly, Prix d Jury (ex-aequo), Cannes 2019.

« Si vous voulez vraiment créer une révolution, vous devez pour y parvenir, être dans la rue tous les jours », affirme le réalisateur Ladj Ly dont le premier long métrage figurait dans la compétition officielle à Cannes. « Toute personne pensant qu’il s’agit d’une réécriture du classique de Victor Hugo se trompe. » écrit Variety. « Mais il y a une raison sur le choix du titre : une partie du livre prend ses racines à Montfermeil, la banlieue ouvrière dans laquelle grandit Ladj Ly. Un siècle plus tard, on y trouve la même misère, et les violences policières toujours aux origines de conflits…. »

Le film se concentre sur trois membres de la brigade anticriminelle confrontée à des tensions entre des clans voisins. Inspiré des émeutes de Paris et sa banlieue en 2005 et par le culte film de Mathieu Kassovitz La Haine, le court-métrage de Ladj Ly lui aussi intitulé Les Misérables -couronné d’un César- met, en perspective de manière provocante les heurts entre des habitants des cités, totalement isolés, et la police.

Le réalisateur affirme qu’il est crucial pour les gens qui ont vécu dans ces lieux de parler de leur histoire. Il prétend aussi ressentir leur frustration, ne serait-ce qu’à travers le peu de réalisateurs de couleur(s) en France. « Le cinéma français est très fermé ; réservé à une certaine élite. Vous pouvez compter les réalisateurs noirs sur les doigts d’une main. » déclarait-il dans la même interview. « C’est pourquoi nous avons créé notre école de cinéma. » Intitulée Kourtrajmé, du même nom que le collectif de réalisateurs avec qui il fait ses débuts, Ly rapporte que son école gratuite offre à quiconque souhaitant avoir la chance de faire partie de ce réseau, la possibilité de rejoindre la future génération de ces passeurs d’histoires cinématographiques. « C’est une école à laquelle chacun peut accéder- l’accès est strictement gratuit. Il est temps de s’investir, de prendre le contrôle et de commencer à changer les choses. Je ne veux pas qu’on nous impose des choses. Nous connaissons ces territoires et savons comment agir. Depuis l’élection du Président Macron, les problèmes sociaux sont en pleine expansion. Nous avons protesté contre ces conditions pendant plus de 20 ans mais rien n’a changé. Avant, les gens s’en fichaient car tout se passait en périphérie, loin d’eux, mais désormais, le problème affecte toute la France. Nous avons le sentiment que les politiciens se contrefichent de cette réalité. »

À Cannes, Les Misérables fut acclamé unanimement et parvint même à surpasser Almodovar, Loach et Dolan dans la compétition pour le Prix du Jury. « Un bijou technique et un premier film foudroyant. » écrit Variety. Ly est devenu une star du jour au lendemain. Les droits de diffusion pour le marché américain furent immédiatement rachetés par Amazon à hauteur de 1,5 millions de dollars, la plus grosse vente jamais réalisée pour un premier film dans l’histoire de Cannes.

Bacurau, réalisé par Kleber Mendoça Filho et Juliano Dornelles, Prix du Jury (ex-aequo), Cannes 2019.

Un portrait intense et complexe de la communauté brésilienne se battant contre le spectre de la modernité. « Un Western fou et magnifique sur les périls de cette modernisation effrénée. » Indiewire.

« Aussi mémorable qu’Aquarius sorti en 2016, Bacurau s’intéresse à une femme particulièrement bornée refusant d’abandonner sa place dans le monde. Le cinéaste combine tout : depuis les Sept Samouraïs à Hostel, et s’engage dans un réquisitoire sanguinaire. « Sois maudit ! » semble être le message adressé à tous ceux qui pensent que la technologie donne le feu vert pour transformer le monde en un véritable abattoir », décrit Variety, tandis que The Guardian, le caractérise de « bain de sang jacobain, un film totalement à part dans sa réalisation, brillamment exécuté, d’une clarté et d’une force rares. »

Le lac aux oies sauvages, réalisé par Diao Yinan, Cannes 2019.

Un gangster en fuite en quête de rédemption… Une femme en danger prête à tout pour regagner sa liberté… Tous deux pourchassés sur les rives d’un lac, ces deux individus pourraient bien vivre le dernier jour de leur existence. « Diao Yinan signe son ultime film noir, dans lequel son style éblouissant et la mise-en-scène d’une grande créativité forgent la substance du film. Un film qui vit grâce à la réinterprétation de scénarios totalement démodés mais qui, de par une forme artisanale vibrante et une grande fluidité d’écriture, va très loin. Aux côtés de Dong Jinsong, Diao dévoile sa maîtrise parfaite de la forme. Un drame hyperstylisé à l’ambiance unique… teinté d’un existentialisme minimaliste de l’envergure de Jean-Pierre Melville. C’est comme si la Chine devenait soudain le pays le plus noir du monde… » Variety.

Beanpole, réalisé par Kantemir Balagov, Meilleur réalisateur dans la catégorie « Un certain regard », Cannes 2019.

1945, Leningrad. Le Seconde Guerre Mondiale a tout dévasté, autant la ville, que les habitants eux-mêmes. Deux jeunes filles cherchent à reconstruire une vie parmi les ruines.

« Même pour un habitué du cinéma, ce film montre combien l’on peut encore être happé et hypnotisé par l’image en mouvement. Et Balagov a montré combien il est prêt à franchir les frontières de l’éthique pour choquer dans cet impressionnant premier film à la « proximité » étonnante. Cela, tout simplement grâce à une direction d’acteurs exceptionnelle et à un métier bien maîtrisés. Beanpole est incroyablement sombre mais réalisé avec un tel soin qu’il est aussi profondément fascinant. Des événements aussi dérangeants en images donnent envie de regarder ailleurs sans pouvoir le faire. Bien que Balagov se montre impitoyable avec ses personnages dans le destin qu’il leur écrit, il leur témoigne le plus grand respect à travers la forme de son film : tandis que les protagonistes sont psychologiquement mis à nu, il leur est au moins accordé une forme de dignité au travers de l’esthétisme des cadres.

La vie invisible d’Euridice Gusmão, réalisé par Karim Aïnouz, Prix « Un Certain Regard », Cannes 2019.

« Un mélodrame tropical », c’est ainsi que caractérise la campagne publicitaire effectuée autour du film La vie invisible d’Eurdice Gusmão. Dans ce sous-genre qui n’a jamais autant divisé, Karim Aïnouz, livre une saga respectant la description suivante : émotions fortes articulées avec la plus grande sincérité et un excès de style grisant, le tout dans le Rio humide des années 50,  surprenant par ses revendications féministes et les vérités sociales acérées qui en ressortent. Toute personne familière du cinéma d’Aïnouz sait qu’il pourra s’attendre à une expérience sensuelle et fleurie. Mais même pour les standards brésiliens, ce conte tragique où deux sœurs sont séparées pendant plusieurs décennies sur fond de honte familiale et de tromperie, apparaît comme un rêve éveillé, empli de sons, de musique et de couleurs qui sont à la hauteur de la profondeur des sentiments montrés. Dès le premier cadre tropical, la redoutable chef-opératrice Hélène Louvart dévoile une palette de couleurs prononcées, proche des feux tricolores de circulation, ou d’une mangue bien mûre. »Variety.

Beanpole et Les Misérables sont distribués dans les cinémas par Independența Film.

Le programme complet de la dixième édition du festival Les Films de Cannes à Bucarest est disponible sur le site : filmedefestival.ro.

Aux Cinémas PRO, Elvire Popesco, au cinéma du musée du Paysan roumain, à l’Auditorium du musée National d’art roumain, les billets seront à 15 lei jusqu’au 18 octobre et de 20 lei pour les billets achetés après cette date (entre le 18 et le 27 octobre).

A la cinémathèque Union, les billets sont à 10 lei sauf pour les abonnés avec des tarifs à 8, 5 ou 3 lei.

Les billets sont disponibles sur Eventbook.ro, et peuvent être achetés à l’antenne principale d’Eventbook au 21 rue Actor Ion Brezoianu, sur tous les points Eventbook et aux comptoirs des cinémas Elvire Popesco, musée du Paysan roumain et à la cinémathèque Union. Pour plus de détails sur les billets, rendez-vous sur notre site : filmedefestival.ro.

Pour rester informés des dernières nouveautés de l’édition 2019 des Films de Cannes à Bucarest, retrouvez-nous sur le site officiel filmedefestival.ro et sur notre page Facebook.

Les Films de Cannes à Bucarest vous est présenté par Orange Roumanie, le fidèle partenaire de l’événement.

Véhicules officiels du Festival : Renault.

 

Avec le soutien de : Catena, Apa Nova, Groupama Asigurări.

La dixième édition de Les Films de Cannes à Bucarest est organisée par l’association Cinemascop et Voodoo Films en partenariat avec l’ambassade France et de l’Institut français de Bucarest.

Les Films de Cannes à Bucarest est un projet culturel financé par le Ministère de la culture et de l’Identité nationale, le Centre National de la Cinématographie et réalisé avec le soutien de la SACD / Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques.

Partenaires : Air France, KLM, L’Institut Culturel Roumain, Europa Cinemas, Hôtel Mercure, SERVE, UPS, Eventbook

Partenaires Medias : Radio România Cultural, Zile și Nopți, Elle, Observator Cultural, News.ro, Ziarul Metropolis, AaRC, Movienews, Igloo, Banchiza Urbana, FilmNewEurope, Cineghid, Cinemap, Agerpres, Liternet, FilmMenu.

Couverture Media : Mediatrust