• Le dramaturge Matei Vișniec, l’architecte Dorin Ștefan et le maire Octavia Ursu, parmi les intervenants.

30 ans ont passé depuis la sanglante révolution où le peuple chantait « Nous mourrons mais nous serons libres ! ». Les films de Cannes à Bucarest lance un appel pour se souvenir des événements historiques à travers la caméra incluant dans son programme des œuvres poignantes liées aux derniers jours du régime communiste et par le biais de conférences.

La Roumanie 30 ans après s’ouvrira un jour avant le début du festival.

Jeudi 17 octobre, à 18h30, le public est invité à la Cinémathèque Union pour assister à la projection du film de Cornal Miahalche « Nous avons eu notre « ration » de liberté à Noël », ainsi qu’au film d’Andrei Ujică et d’Harun Farocki « Vidéogrammes d’une révolution ».

Les projections seront suivies d’une discussion à partir de 20:30 intitulée : La Roumanie 30 ans plus tard en présence des réalisateurs des deux films et du dramaturge Matei Vișniec, de l’architecte Dorin Ștefan et d’Octavian Ursu, citoyen allemand originaire de Roumanie et récemment élu maire de Görlitz (Allemagne).

Le projet est réalisé en partenariat avec La maison de la liberté en Roumanie, avec, au programme « apprendre de notre passé pour construire l’avenir » – un projet soutenu par l’Europe libérée et avec la participation de la Représentation de la Commission Européenne en Roumanie. L’accès aux projections et débats de cette section est libre. Il est conseillé de réserver en avance. Les personnes ayant réservé sur Eventbook.ro seront prioritaires.

À Bucarest, à l’Institut Cervantès, les films seront projetés dans l’ordre suivant : Blanche Neige et les sept minériades (Vendredi 28 octobre, en présence du réalisateur Cornel Mihalache), L’autobiographie de Nicolae Ceausecu (dimanche 20 octobre, en présence du réalisateur Andrei Ujică), Le papier sera bleu (vendredi 25 octobre en présence de Radu Muntean et du scénariste Alex Baciu), et le film tardif d’Ovidiu Bose Paștină Timisoara. Décembre 89 sera projeté le 21 octobre théâtre Horia Bernea, au cinéma du musée du Paysan roumain.

Plusieurs de ces films seront projetés et l’entrée sera libre pour les éditions locales des Films de Cannes à Timișoara, Iași, Cluj, Brașov et Suceava, également en présence des réalisateurs.

OCTAVIAN URSU, diplômé du Conservatoire de Bucarest a émigré en Allemagne en 1990 comme trompettiste soliste au « Neue Lausitzer Philharmonic » de Görlitz. Ursu rejoint ensuite le parti du conservatoire le CDU (Union Chrétienne Démocratique d’Allemagne) en 2009. En 2014, il est élu aux élections législatives du Land de Saxe, avant d’être élu maire de cette ville de l’Allemagne de l’Est.

MATEI VIȘNIEC, poète, dramaturge et journaliste, perçu comme le postmoderne des années 80 censuré par le régime communiste, a été obligé d’émigrer en France où il reçut l’asile politique. En 1992, ses pièces sont traduites en français. Dans le magazine L’observateur, l’écrivain raconte : « J’ai écrit cette histoire du communisme comme s’il s’agissait d’une maladie mentale. Le monde occidental n’a jamais vraiment saisi l’utopie communiste. Aussi, le jeu théâtral ou cinématographique est nécessaire à la jeunesse roumaine car elle n’a pas idée du lavage de cerveau effectué, ni de la pression exercée sur les individus, ni du vide caché derrière ces banderoles exhibées lors des fêtes.

DORIN ȘTEFAN est l’un des architectes les plus respectés et réputés de Roumanie, membre de l’Ordre des Architectes de Roumanie, ancien Commissaire pour la Roumanie à la biennale d’Architecture de Venise, professeur à l’Université d’Architecture et d’Urbanisme Ion Minciu à Bucarest, et parmi d’autres choses encore, le restaurateur du complexe Brancusi situé à Targu Jiu.

NOUS AVONS EU NOTRE « RATION » DE LIBERTÉ À NOËL de Cătălina Fernoagă et de Cornel Mihalache

Les réalisateurs, étudiants à l’époque, ont capté ce qui allait s’annoncer juste après la Révolution de Décembre 89. Ce film a reçu plusieurs prix et récompenses : Le Prix de l’Union des Cinéastes de Roumanie (1990), le prix du Meilleur Premier Film et « Vox Juventutis » remis par le Ministère de la Culture à Costinesti (1990), le « Sesterce d’argent » au Festival International du Film Documentaire de Nyon (Suisse, 1990), le Grand Prix au Festival International du court-métrage en Finlande (1991) et le Prix Spécial du Jury au Festival International DaKINO à Bucarest.

VIDÉOGRAMMES D’UNE RÉVOLUTION d’Andrei Ujică et Harun Farocki

Une analyse troublante du rôle de la télévision durant la Révolution Roumaine de 1989. Une seule morale : pour être en pleine possession du pouvoir, il faut d’abord contrôler la télévision. « La télévision n’a pas seulement documenté et reflété des événements historiques. Elle a aussi contribué à leur donner forme. Farocki et Ujică appellent à réfléchir à ce sujet, en questionnant les relations existantes entre l’enregistrement visible, sa restitution et les technologies permettant une retransmission à distance d’une part, et d’autre part, la façon dont les événements en question sont traduits et appréhendés par le public. »

Andrei Gorzo – Liternet

Le film sera également projeté en présence de l’auteur au cinéma Victora à Cluj aux Films de Cannes à Cluj le 19 octobre.

TIMISOARA, DÉCEMBRE 1989 d’Ovidiu Bose Paștină

« L’enfant terrible des Studio Suhaia », Ovidiu Bose Paștină a commencé en réalisant des films documentaires en 1981. Tourné en 1989, le film fut récompensé du Grand Prix du Festival International du Film Documentaire de Neubrandemburg, fut présenté à la section « Forum des Festivals » de Berlin et Munich, remporta le prix du Meilleur Film Documentaire à Costineti et fut sélectionné parmi 15 films documentaires dans le monde au Festival du Film de Yamagata au Japon.

Timisoara, Décembre 1989 sera projeté le 18 octobre à l’Université de l’Ouest Aula Magna de Timisoara dans l’édition des Films de Cannes à Timisoara.

L’AUTOBIOGRAPHIE DE NICOLAE CEAUSESCU d’Andrei Ujică

AndreI Ujică a travaillé 4 ans sur ce documentaire qui explore l’image de l’ancien dictateur depuis son accession au pouvoir jusqu’à la Révolution. Ujică s’est servi d’archives issues des Archives Nationales du Film, des archives de la télévision roumaine et d’autres extraits tournés par des amateurs, ainsi que de tous les enregistrements officiels. Au total : plus de mille heures de rushs dont le dictateur en aurait visionné 250. Reconnu internationalement comme un chef-d’œuvre dans l’assemblage de ces différentes images, L’autobiographie de Nicolae Ceausescu fut sélectionné à Cannes dans la Compétition Officielle en 2010.

LE PAPIER SERA BLEU de Radu Muntean

Il reste trois mois à Costi avant la fin de son service militaire qui s’achève finalement dans la plus grande confusion durant la Révolution Roumaine de 1989. Le jeune homme, un membre de la patrouille du lieutenant Neagu, décide de se désolidariser de ses collègues de la milice pour combattre aux côtés des révolutionnaires. Le film reçut de nombreuses distinctions : vainqueur du Prix du Jury à Namur, nominé pour le Léopard d’Or à Locarno et au Grand Prix de Locarno.

« Ce film poignant de Radu Muntean pourrait donner l’impression qu’il sort tout droit des Blakans dont les thèmes majeurs tournent souvent autour du chaos et d’une violence gratuite – conséquences de la chute de l’Union Soviétique. Mais le thème sous-jacent ponctuant toutes les scènes du film est définitivement l’absurdité qui survient en temps de guerre. » Scottmovies.com

BLANCHE NEIGE ET LES SEPT MINÉRIADES de Cornel Mihalache

La télévision roumaine s’aventure sur la scène du mouvement social le plus offensif de Roumanie dans son histoire contemporaine : celle des minériades. Les minériades représentent un mouvement social éclair, de nature violente ayant littéralement mis à mal la scène socio-politique roumaine de l’époque. Avec différentes motivations, buts, périodes et évolutions ; les minériades partagent un élément commun : celui de venir des mines de la vallée de Jiu mais aussi le fait d’avoir été manipulés et désinformés par les unions ou les leaders ayant un pied dans la sphère politique. Ces mineurs et manifestants ont servi, volontairement ou non, différentes causes bien loin de leurs aspirations premières et de celles du peuple.

Le film sera projeté en présence du réalisateur lors de l’édition des Films de Cannes à Brasov le 24 octobre et dans le cadre de l’édition des Films de Cannes à Suceava le 2 novembre.

Parallèlement à la section « La Roumanie 30 ans après », à Iasi, aura lieu une projection spéciale du film Chuck Norris vs. Communism réalisé par Ilinka Calugareanu présenté par Irina Margareta Nistor.

CHUCK NORRIS VS. COMMUNISM d’Ilina Calugareanu

Dans la Roumanie des années 80, des milliers de films occidentaux ont afflué vers le rideau de fer et ouvert une fenêtre sur le monde libre que chacun brûlait de voir. Un businessman sur une cassette VHS au marché noir et un doubleur courageux ont dévoilé la magie des films de gens normaux créant ainsi l’étincelle de la Révolution. Présent dans la sélection officielle de Sundance 2015 et Hot Docs 2015 « (ce) documentaire d’une grande désinvolture, divertissant et élégant, explore le rôle méconnu joué par les films d’Hollywood – et un doubleur quelque peu héroïque dans le renversement du communisme en Roumanie. », Variety.

Le film est aussi visible aux Films de Cannes à Iași le 19 octobre à 12:30 au cinéma Atheneum.

La Maison de la Liberté en Roumanie présentera à cette occasion un programme éducatif sur les régimes autoritaires : « Apprendre de notre passé pour construire notre avenir » destiné à développer une conscience civique et à soutenir la démocratie au sein des jeunes générations. Dédié à tous les étudiants du pays, « Apprendre de notre passé pour construire notre avenir » invitera les étudiants à participer à l’Université d’été en juillet 2020 à Sighet.

Le programme complet de la dixième édition des Films de Cannes à Bucarest est disponible sur notre site Internet : filmedefestival.ro

Au Cinéma PRO, Elvire Popesco, au musée du Paysan roumain, à l’auditorium du musée National d’Art Roumain, les billets coûtent 15 lei et pour les billets acquis après le 18 octobre, le prix est de 20 lei (du 18 au 27 octobre). A la cinémathèque Union, les billets sont à 10 lei et les abonnés peuvent bénéficier de billets à 8,5 ou 3 lei.

Les billets peuvent être achetés sur Eventbook.ro et au quartier général situé au 21 rue Actor Ion Brezoianu, sur le réseau Eventbook et aux différents comptoirs  des cinémas Elvire Popesco, musée du paysan roumain et à la cinémathèque Union. Plus de détails, sur notre site Internet.

Pour vous tenir au courant des nouveautés de l’édition 2019 des Films de Cannes à Bucarest, retrouvez-nous sur le site officiel filmedefestival.ro et sur notre page Facebook.

Les Films de Cannes à Bucarest vous est présenté par Orange Roumanie, le fidèle partenaire de l’événement.
Véhicules officiels du Festival : Renault.
Avec le soutien de : Catena, Apa Nova, Groupama Asigurări.
La dixième édition de Les Films de Cannes à Bucarest est organisé par l’association Cinemascop et Voodoo Films en partenariat avec l’ambssade France et de l’Institut français de Bucarest.
Partenaires : Air France, KLM, L’Institut Culturel Roumain, Europa Cinemas, Hôtel Mercure, SERVE, UPS, Eventbook.
Partenaires Medias : Radio România Cultural, Zile și Nopți, Elle, Observatorul Cultural, News.ro, Ziarul Metropolis, AaRC, Movienews, Igloo, Banchiza Urbană, FilmNewEurope, Cineghid, Cinemap, Agerpres, Liternet, FilmMenu.
Couverture Media : Mediatrust